La réalité
Cette thèse a pour but de comparer la réalité au virtuel. Et par l'énonciation même de cette question, je démontre à quel point le virtuel a sa place dans ma vie, ce qui peut, je l'avoue, paraître pitoyable. Le virtuel est-il un moyen de fuir la réalité, de s'engoncer dans un confort facile ? Au premier abord, la réponse semble évidente : "oui". Mais je ne peux pas généraliser, parce que ce n'est pas, je crois, mon cas. Le virtuel offre une autre approche des choses, en particulier des gens. Et bien oui, ce qui me fascine surtout sur le net, auquel je suis accro comme tout ado qui se respecte, c'est qu'il est infiniment plus facile de "rencontrer" des personnes qui nous correspondent, avec lesquelles on pourra avoir des atomes crochus. Je n'y peux pas grand-chose si les gens que je rencontre dans la réalité et sur le net sont différents. Mais en y réfléchissant, ils ne sont peut-être pas si différents que ça, c'est, comme dit plus haut, l'angle d'approche qui peut changer la vision que l'on a d'une personne. Quelque part, il est infiniment plus aisé de sympathiser "réellement" avec une personne, pas de manière superficielle, sur le net. Etrange paradoxe. Pourtant, j'ai l'impression, peut-être et sans doute erronée que les gens que je connais du net et ceux de la réalité sont différents. Je suis bien consciente qu'il y a des personnes qui sont tout à fait capables d'intelligence sous une apparence fade... mais dans ma capacité inouïe à sous-estimer les gens, je ne les vois pas. Et il faut bien avouer que mon entourage EST fade. Je côtoie des personnes, au lycée par exemple, que j'apprécie beaucoup et qui ne sont pas du tout connes, mais ce sont majoritairement des filles, parce que les individus de sexe masculin sont cons. Ouais, voilà ce qui manque ! La gent masculine ! La profondeur est absente, la superficialité est omniprésente. Vous êtes trop immatures, bande de ploucs. Mais même, je crois que je joue de malchance, et puis, ce que je veux, je ne l'ai que par le net, c'est terrible. Mais passons, je divague.
Ce qui m'a décidé à vous causer de ce sujet est un fait qui m'a frappée, alors que j'attendais mon bus, pas plus tard que tout l'heure : aujourd'hui, je n'ai quasiment pas pensé à lui. Etrange. La réalité, heureusement qu'elle existe. Saisissez l'absurdité de la déclaration précédente. La réalité : le lycée, le froid, les rires et les pensées misanthropes teintées de bonne humeur. Le virtuel : le souvenir tiraillant, les pensées profondes, les monologues créés par ma solitude, qui m'oblige à me remémorer. Attention, je ne veux pas dire que la solitude est virtuelle : disons que par réalité, j'entends "proximité et contact avec des êtres de chair et d'os". La réalité est mon sauveur. Comment dire ? Même lorsque je suis seule, si je ne suis pas chez moi, à proximité de cette drogue néfaste qu'est l'ordinateur, même si je m'ennuie à mourir, je me désintoxique à merveille -ou presque. Je ne fais pas de rechutes. Sauf... le matin, lorsque je m'éveille. J'ai une minute d'angoisse, atroce, horrifiante, j'ai l'impression que je vais mourir, que je ne survivrai pas, que tout est feint ; et finalement, je me lève, j'oublie, tout va bien, mais je crains quand même cette minute insupportable, vague souvenir au milieu de mon quotidien monotone, que j'aime pourtant. En ce moment. Et mes soliloques me font réintégrer le virtuel futur et passé, ils sont mon point de transition, et un énième moyen de vomir mes tripes, oh, que je suis impudique.
Mais ne résumons pas le "virtuel" au net, c'est beaucoup plus large. Par virtuel, je dirais... tout ce qui est en-dehors de la réalité, de ce que tu vis au quotidien, ce que tu touches, ce que tu vois de tes propres yeux. Seulement, le virtuel du net est la chose la plus évidente, je crois. Je parlais de solitude : elle engendre la virtualité, il est vrai, elle n'en est pas moins d'une réalité... solitaire, mais vivace. Le virtuel, c'est un peu un monde à part, une réalité irréelle, quelque chose créé de toutes pièces, surréaliste, imaginaire, qui fait douter de la rationalité des sentiments et des réactions. Mais ça existe, ça a un impact indéfinissable, parce que malgré une façade brumeuse, derrière se cachent des possibilités, des gens qui eux sont réels, dans une autre dimension (du moins, on en a parfois l'impression), des trucs qui me font évoluer, changer, mûrir, au fil des rencontres que je fais. Je m'enrichis personnellement, ça me rend satisfaite.
Il faut dire également que le net est un moyen de s'émanciper facilement, ce qui est assez puéril... Ayez un brin de personnalité, gueux. Personnellement, je crois que le net me permet de plus m'exposer, mais je suis aussi conne en vrai que sur le net, voire pire, et je suis aussi polémique en vrai, et aussi chiante (voire pire ?). Oui, et ça me débecte de voir à quel point il y a une frontière entre la réalité et le virtuel. A quel point tout est différent, lorsqu'on est averti. C'est ridicule, rabaissant. Pourquoi quelqu'un peut-il être deux personnes à la fois, sympa et drôle sur le net, et stupide dans la réalité ? Je ne choisis pas ces adjectifs sans raison, je prends un exemple qui m'a marquée, il y a environ un an et demi, sujet sur lequel je ne m'étendrai pas. Et c'est aussi cette timidité, cette pudeur qui est hilarante, voir quelqu'un se livrer totalement sur un blog, et ne jamais s'exprimer en communauté, a quelque chose d'hilarant, c'est le terme. Bon, je dois vous concéder qu'il est fort possible que je ne brode pas autant en réalité, mais c'est majoritairement par crainte d'ennuyer mon public, alors que là, j'écris ce que je veux, je me fous de si ça plaît ou pas. C'est ça qui est si chouette sur le net : s'étaler, se répandre, en faire des tonnes. C'est génial, de pouvoir exubérer son narcissisme.
Finalement, tout ça n'est qu'un grand jeu, à première vue d'impact nul, mais au fur et à mesure, on perd, on s'y embourbe, parce que tout ça, c'est un grand bourbier de merde qui nous fait sombrer, insensiblement, et ridiculement.
Pensée du jour :
"Arrête de bouffer ma vieille, va continuer le dico et ton bouquin du moment."
Pensée du jour de la réédition :
"Mon régime alimentaire est essentiellement composé de lait, et de ses dérivés. Ce n'est qu'en partie véridique, mais on s'en contrefiche."
Vie du jour :
J'ai bouffé, j'ai fini les cours à 15 h, et j'ai monologué en faisant le ménage.
Vie du jour de la réédition :
Réunion inutile sur le voyage en Angleterre ; ramassage d'un SDF ivre sur la route, affaissement profond de l'esprit devant cette réalité qui me frappe parfois de plein fouet, tant elle est immonde.
Et de la nuit :
Mes rêves sont toujours, ou très souvent, centrés autour d'un mec. HAHAHA, on voit la jeune fille en mal d'amour.
Et de la nuit n°2 :
Bah non, y a rien à ajouter, ici.


